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Interview de Thierry Baëza, nouveau président du SMBT

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Élu président du Syndicat mixte du bassin de Thau le 5 mai 2026, Thierry Baëza succède à Yves Michel à la tête de la structure. Il pourra s’appuyer sur un bureau composé de 3 vice-présidents, Vincent Sabatier, Yves Michel et Henri-Paul Bonneau.

Dans cet entretien, le nouveau président revient sur les grands enjeux de la mandature : qualité de l’eau, adaptation au changement climatique, prévention des inondations et avenir du territoire.

Vous venez d’être élu président du SMBT le 5 mai dernier, à Mèze, votre ville. Qu’est-ce que cela représente pour vous, personnellement et politiquement ?

Thierry Baëza : « C’est une responsabilité qui me touche profondément. J’ai grandi au bord de cette lagune, j’en connais la beauté comme la fragilité. Présider le SMBT, c’est porter l’avenir d’un écosystème humain, économique et naturel d’une richesse rare. Mes prédécesseurs ont bâti une gouvernance solide en plus de vingt ans. Mon rôle est d’amplifier cette dynamique, avec l’ensemble des 25 communes du bassin versant et leurs trois intercommunalités, pour répondre aux défis qui s’accélèrent. »

Le SMBT vient de finaliser le Contrat de Gestion Intégrée Eau & Climat 2025-2029, doté de plus de 103 millions d’euros. Quels en sont les enjeux centraux pour ce mandat ?

Thierry Baëza : « Ce nouveau contrat est notre feuille de route opérationnelle pour les cinq années à venir. Avec plus de 82 millions d’euros dédiés au volet « eau et milieux aquatiques », il répond à des urgences concrètes, notamment la crise sanitaire du norovirus qui frappe durement les conchyliculteurs. La qualité de l’eau, c’est la survie de toute une filière.

Mais au-delà, le SAGE de Thau-Ingril entre lui aussi en phase de bilan : ce document a toujours placé la qualité des eaux pour la conchyliculture et la pêche comme un objectif premier, et nous entendons le renforcer pour faire face aux pressions climatiques et démographiques. La ressource en eau et la santé de la lagune sont le cœur battant de notre territoire. »

Le PAPI — Programme d’Actions pour la Prévention des Inondations — vient d’obtenir un avis favorable à l’unanimité. Que va-t-il changer concrètement pour les habitants ?

Thierry Baëza : « C’est un aboutissement  collectif qui arrive au bon moment : ce mandat sera celui de la mise en œuvre. Ce PAPI 2026-2031, doté d’un budget de 6,8 millions d’euros, vise à réduire les dommages aux personnes et aux biens face aux inondations, en combinant des approches de proximité.

Je pense en particulier au dispositif Thau Alabri : ce service public accompagne les habitants exposés au risque d’inondation dans la protection de leur logement, avec une approche personnalisée et ancrée localement. Nous sortons des études pour entrer dans le concret. Les habitants des communes exposées doivent pouvoir constater directement les bénéfices de ces actions. »

Sur l’aménagement du territoire, la révision du SCoT est en cours. Quel équilibre défendez-vous entre développement et protection de l’environnement ?

Thierry Baëza : « Le SCoT, c’est la question fondamentale : quel territoire voulons-nous dans vingt ans ? L’arrêt du projet de SCoT a été prononcé en février 2026, marquant l’aboutissement d’un travail collectif mené avec le Président de Sète Agglopole Méditerranée et associant élus, partenaires institutionnels et habitants. Mais le chemin n’est pas fini.

L’ambition est d’engager le bassin de Thau pour les vingt prochaines années dans une transition permettant à la fois de lutter contre le changement climatique et de s’y adapter. Ce n’est pas une opposition entre développement et environnement, c’est une exigence de cohérence.

Un territoire comme le nôtre qui ne prendrait pas garde à sa lagune détruit son identité, son économie touristique et sa filière conchylicole. Mon cap, c’est un développement qui renforce ce que nous sommes. »

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