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Source de la Vise : une nouvelle étape franchie dans l’expérimentation pour prévenir les inversacs
Le projet expérimental mené par le Syndicat mixte du bassin de Thau (SMBT) sur la source sous-marine de la Vise, à Balaruc-les-Bains, vient de franchir une nouvelle étape. Réuni lundi 12 octobre dans les locaux du SMBT, le comité de pilotage a pris connaissance des derniers résultats, qui confirment le potentiel du dispositif pour mieux préserver les ressources en eau douce du territoire.
Un dispositif pour limiter les intrusions d’eau salée
Lancé en septembre 2024, ce projet vise à mieux protéger la source de la Vise contre le phénomène d’« inversac ». Ce phénomène se produit lorsque l’eau salée de la lagune de Thau pénètre dans la source et remonte dans les nappes souterraines d’eau douce, menaçant ainsi la qualité de cette ressource.
Pour y faire face, un dispositif expérimental a été installé au fond de la lagune, directement sur la source. Son objectif : mieux maîtriser les écoulements d’eau et, à terme, empêcher les remontées d’eau salée grâce à un système de clapet anti-retour.
Des premiers résultats encourageants
Après une première phase consacrée à la conception et à l’installation du dispositif, achevée en octobre 2025, les expérimentations se sont poursuivies en 2026.
Les pluies particulièrement abondantes de l’hiver et du printemps ont conduit les équipes à adapter leur programme. Plutôt que de tester immédiatement le clapet anti-retour, elles ont choisi d’étudier la possibilité de ralentir le débit de la source.
Les résultats sont prometteurs : le dispositif permet de réduire d’environ 20 % le débit de la source, dans certaines conditions, sans compromettre sa stabilité.
Cette capacité pourrait constituer un outil supplémentaire pour préserver les réserves d’eau souterraines lors des périodes de sécheresse. En ralentissant la sortie de l’eau douce vers la lagune, il serait possible de maintenir plus longtemps un niveau d’eau élevé dans la nappe et ainsi de retarder le déclenchement d’un inversac.
Autre enseignement important : le dispositif a résisté aux très forts débits enregistrés au printemps, confirmant sa capacité à fonctionner dans des conditions hydrologiques exceptionnelles.
Une nouvelle résurgence sous surveillance
Les observations réalisées au printemps ont également révélé l’apparition d’une seconde sortie d’eau au fond de la lagune, à proximité de la source principale.
Depuis, son débit a fortement diminué. Les analyses ont permis de confirmer que cette résurgence est indépendante de la source principale et que son apparition n’a pas été provoquée par le dispositif expérimental.
Ce phénomène ne remet donc pas en cause la poursuite du projet, mais fera l’objet d’un suivi spécifique.
La dernière étape dépendra de la météo
La prochaine grande étape consistera à installer et tester le clapet anti-retour, destiné à empêcher l’eau salée de pénétrer dans la source lors d’un inversac.
Mais cette expérimentation nécessite des conditions bien particulières : un niveau d’eau souterraine très bas, généralement observé lors de périodes de sécheresse importante. Or, les débits de la Vise restent actuellement élevés.
Il faudra donc attendre que les conditions naturelles permettent de réaliser ce dernier test. Dans l’intervalle, les équipes poursuivront la surveillance de la source, l’entretien des équipements de mesure et la collecte de données scientifiques.
Ce projet, porté par le SMBT, bénéficie du soutien financier de l’État (Préfecture et DREAL), de la Région Occitanie, de Sète Agglopôle Méditerranée, de la commune de Balaruc-les-Bains et du SMBT.