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Le déficit de précipitations enregistré sur le bassin de Thau depuis la fin de l’été (plus bas niveau depuis 1970) place le territoire dans une situation de sécheresse inédite en cette période de l’année. Le 27 novembre dernier, cette sécheresse conjuguée à une tempête marine qui a provoqué une surcote de 30cm a déclenché un inversac sur l’aquifère du karst pli Ouest. Depuis, les équipes du SMBT et du BRGM sont mobilisées pour suivre l'évolution de la situation. Une première rencontre avec les services de la DDTM et de l'Etat s'est tenue le 9 décembre. Le BRGM s’est engagé à fournir un bulletin d’information sur le phénomène tous les 15 jours et un comité de suivi, élargi aux usagers, va être mis en place sous l’égide de l’Etat en relation avec Sète agglopôle Méditerranée et la ville de Balaruc-les Bains. Un nouveau comité de crise devrait se réunir fin janvier. Par ailleurs un arrêté préfectoral interdit désormais la plongée sur le site et ce jusqu’à la fin du phénomène.

Pour mémoire, l’inversac est une intrusion d’eaux saumâtres dans un aquifère. Sur le bassin de Thau, il se produit via la source sous-marine de la Vise, située à 28 mètres de profondeur au large de la presqu’île de Balaruc-les-Bains. L’abaissement de niveau de l’eau dans l’aquifère permet à l’eau en provenance de la lagune de pénétrer à l’intérieur. Ce phénomène bien connu des scientifiques et de la population ne s’était pas produit depuis 2014. Il est à l’origine des remontées d’eau qui ont provoqué des inondations chez les particuliers sur la commune de Balaruc-les-Bains.

A noter que l’aquifère du pli Ouest fait l’objet d’un programme de recherches multi partenarial d’envergure baptisé Dém’eaux. Lancé en 2017 sous le pilotage du BRGM, ce programme, inscrit au plan Etat-Région, vise à mieux connaître le fonctionnement du karst pli Ouest afin d’anticiper ce phénomène d’inversac et de mettre en place un outil de gestion des eaux souterraines intégrant l’impact des prélèvements mais aussi des changements globaux comme le dérèglement climatique. C’est dans le cadre de ce programme Dém’eaux que la Vise a été équipée d’appareils de mesure en 2019. Un équipement qui restera en place jusqu’en 2022.

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